Guide des droits et des démarches administratives
Rendez-vous « prévention » avec le président du tribunalFiche pratique
Le président du tribunal de commerce, du tribunal des activités économiques ou du tribunal judiciaire est investi d’une mission de prévention des difficultés des entreprises. Dans ce cadre, il peut convoquer le chef d'entreprise à un entretien lorsqu'il détecte des difficultés. On parle de l'alerte du président du tribunal. Par ailleurs, le chef d'entreprise peut demander spontanément un entretien avec le président du tribunal pour faire le point sur sa situation.
Convocation à un entretien
Le tribunal (de commerce ou judiciaire) a une mission de prévention des difficultés des entreprises. Il aide, accompagne, et oriente les chefs d'entreprise afin d'empêcher la survenance de la cessation des paiements.
Depuis le 1er janvier 2025, les tribunaux de commerce de 12 villes sont remplacés par des tribunaux des activités économiques (TAE) pour la prévention des difficultés des entreprises, pour le traitement des procédures de mandat ad hoc, de conciliation et des procédures collectives. Les tribunaux des villes suivantes sont concernés : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles. Le ministère de la justice met à disposition un simulateur pour connaître le tribunal compétent :
Le président du tribunal a la possibilité de convoquer le chef d'entreprise pour un entretien « prise de conscience » s'il a des raisons de penser que l'entreprise traverse des difficultés. Il s'agit de difficultés économiques, financières ou juridiques qui peuvent compromettre la continuité de l'exploitation.
Les signaux révélateurs des difficultés de l'entreprise sont notamment les suivants :
Fonds propres négatifs
Inscriptions de privilèges de l'Urssaf et du Trésor public au greffe du tribunal : le privilège de l'Urssaf et le privilège du Trésor public sont des droits préférentiels qui permettent à l’Urssaf et au Trésor public d'inscrire leur dettes impayées auprès du greffe du tribunal lorsqu'elles dépassent un certain montant : 20 000 € pour l'Urssaf et 200 000 € pour le Trésor public.
Défaut de dépôt des comptes annuels
Perte de la moitié du capital et absence de régularisation consécutive à celle-ci
Injonctions de payer à répétition
Nombre important de sûretés mobilières (comme les privilèges et nantissements) enregistrées au registre des sûretés mobilières
À savoir
L'alerte est une procédure qui reste facultative de la part du président du tribunal.Le président du tribunal de commerce, des activités économiques ou judiciaire convoque le chef d'entreprise par lettre recommandée avec AR et par lettre simple. Cette convocation comprend une note dans laquelle il motive sa demande d'entretien.
La convocation est envoyée au moins 1 mois à l'avance.
Le chef d'entreprise se présente à l'entretien ou refuse de s'y rendre.
Le chef d'entreprise doit se présenter en personne à l'entretien. Il a la possibilité de se faire assister par un avocat ou un expert-comptable.
Durant l'entretien, le président du tribunal s'informe de la situation de l'entreprise et demande au dirigeant quelles sont les mesures envisagées pour redresser la situation de l'entreprise. Il informe également le dirigeant de l’existence de différentes procédures préventives comme le mandat ad hoc et la procédure de conciliation.
Cet entretien est confidentiel. Un procès-verbal est établi mais il mentionne uniquement la date, le lieu ainsi que l'identité des personnes présentes.
À la fin de l'entretien, différentes situations peuvent se présenter :
Les mesures envisagées par le chef d'entreprise apparaissent suffisantes, ou la continuité de l'exploitation n'est pas compromise. Aucune suite n'est donnée à l'entretien et le dossier est classé.
Il apparâit nécessaire d'obtenir du chef d'entreprise des éléments complémentaires ou des indications sur les mesures de redressement qu'il envisage. Un rendez-vous est pris pour un nouvel entretien.
Le chef d'entreprise prend conscience de la gravité de la situation et fait part de son intention de demander la nomination d'un mandataire ad hoc ou d'un conciliateur.
Attention
Le président du tribunal ne peut pas obliger le dirigeant à désigner un mandataire ad hoc ou à ouvrir une procédure de conciliation.Si le dirigeant ne ne se présente pas, un procès-verbal de carence est établi le jour même par le greffier du tribunal.
Cependant, le président du tribunal peut informer le ministère public s'il a connaissance d'éléments justifiant les conditions d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire. Le ministère public peut alors demander l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire.
Le président du tribunal dispose de 3 mois à compter de la date d'envoi de la convocation pour se renseigner sur la situation économique et financière de la société.
Il peut adresser sa demander de renseignements aux personnes ou organismes suivants :
Commissaires aux comptes (CAC)
Membres et représentants du personnel
Administrations publiques (administration fiscale)
Organismes de sécurité et de prévoyance sociale
Services chargés de la centralisation des risques bancaires et incidents de paiements
Demande de rendez-vous
Un chef d’entreprise en difficulté peut demander spontanément un entretien au président du tribunal. Cet entretien est gratuit, anonyme et confidentiel.Le tribunal a une mission de prévention des difficultés des entreprises. Il peut mettre en place un certain nombre de mesures destinées à empêcher la survenance de la cessation des paiements.
Le chef d'entreprise peut s'adresser spontanément au président du tribunal. Le tribunal compétent dépend de l'activité exercée :
Le président du tribunal de commerce est compétent pour agir auprès des entreprises ayant une activité commerciale et artisanale.
Depuis le 1er janvier 2025, les tribunaux de commerce de 12 villes sont remplacés par des tribunaux des activités économiques (TAE) pour la prévention des difficultés des entreprises, pour le traitement des procédures de mandat ad hoc, de conciliation et des procédures collectives. Les tribunaux des villes suivantes sont concernés : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles. Le ministère de la justice met à disposition un simulateur pour connaître le tribunal compétent :
Chaque tribunal de commerce (ou tribunal des activités économiques) est doté d’un juge délégué à la prévention et d’une cellule de détection et de prévention avec laquelle il est possible d’obtenir un rendez-vous en moins de 24 heures.
Le président du tribunal judiciaire est compétent pour agir auprès des entreprises ayant une activité libérale.
À noter
Les avocats, administrateurs judiciaires, mandataires judiciaires ou officiers publics ou ministériels (notaires, commissaires de justice, etc.) ne peuvent pas être convoqués par le président du tribunal judiciaire en cas de difficulté. Cependant, le président du tribunal judiciaire peut informer l'ordre professionnel des difficultés rencontrées par ces entreprises.Pour obtenir un rendez-vous auprès du président du tribunal, le chef d'entreprise a 2 possibilités :
Écrire à l'adresse suivante : prevention@tribunal-de-commerce.fr
Effectuer une saisine via le tribunal digital :
Lors du rendez-vous, le chef d’entreprise peut être accompagné de son expert-comptable ou d’un conseil. Il est utile de constituer un dossier explicatif.
Le rendez-vous avec le président du tribunal permet de faire le point sur la situation de l'entreprise.
Le président du tribunal cherche ensuite une solution adaptée. Celle-ci peut consister en la nomination d'un mandataire ad hoc ou d'unconciliateur.
Voir aussi
- Alerte et détection des difficultés d'une sociétéDifficultés financières
- Alerte et détection des difficultés d'un entrepreneur individuelDifficultés financières
- Dépôt des comptes annuels d'une sociétéComptabilité - Facturation
- Réduction de capital social motivée par des pertesFonctionnement de l'entreprise
- Mandat ad hocDifficultés financières
- Procédure de conciliationDifficultés financières
- Redressement judiciaire de l'entrepreneur individuel et du micro-entrepreneurDifficultés financières
- Redressement judiciaire d'une sociétéDifficultés financières
- Liquidation judiciaire d'un entrepreneur individuel (y compris micro-entrepreneur)Étapes de vie
- Liquidation judiciaire d'une sociétéÉtapes de vie
Services en ligne et formulaires
Pour en savoir plus
- Dispositifs de prévention des difficultésGreffe du tribunal de commerce de Paris
Références
-
Code de commerce : article L611-2
Convocation du dirigeant par le président du tribunal de commerce suite à des difficultés -
Code de commerce : article R611-10
Envoi d’une lettre avec AR pour convoquer le chef d’entreprise -
Code de commerce : article R 611-11
Établissement d’un procès-verbal par le président du tribunal
